Un INR bas
sur plusieurs semaines…
Une question de Myriam Waltere sur notre page FaceBook :
“J’ai 66 ans, j’ai eu une opération de Bentall en décembre 2023 (traitement de l’anévrisme de l’aorte et remplacement de la valve aortique par une valve mécanique), du coup je suis sous anticoagulant (coumadine) et je dois surveiller mon INR qui doit être entre 2 et 3. Si mon INR est en dessous de 2 plusieurs semaines, je voulais savoir si je risque de faire un caillot ?
Avec mes remerciements.”
La réponse rapide est : oui.
Le traitement par AVK (antivitamine K : coumadine, préviscan ou sintrom) a pour objectif de vous protéger du risque de fabriquer un caillot à l’intérieur de vos vaisseaux sanguins.
Quand votre AVK agit efficacement, il fait monter votre INR (de base, à 1) dans votre zone thérapeutique, c’est-à-dire entre 2 et 3 pour vous, comme pour la majorité des personnes sous AVK. Quand il n’agit pas assez fort, il ne fait pas monter votre INR assez et vous n’êtes donc pas protégée correctement du risque de fabriquer un caillot indésirable. À l’inverse, quand il agit trop fort, il fait monter votre INR au-dessus de votre zone thérapeutique et là, le risque, c’est de saigner longtemps en cas de blessure.
Mais, pour répondre d’une manière plus nuancée, il faut préciser au moins deux paramètres :
1) à quel point l’INR est bas ;
2) le risque de faire un caillot dans votre état de santé précis.
♦ Imaginez un INR entre 1,2 et 1,5 pendant trois semaines. Dans ce cas, quelle que soit la raison pour laquelle une personne est anticoagulée et quelle que soit sa zone thérapeutique, elle est en danger car son traitement anticoagulant n’est pas du tout assez efficace pour la protéger du risque de faire un caillot.
♦ Imaginez maintenant un INR qui reste entre 1,8 et 1,9 pendant quatre semaines chez quelqu’un dont la zone thérapeutique est entre 2 et 3. Pour une personne avec un risque faible de faire des caillots, il y a de grandes chances pour que tout se passe bien car la vitesse de coagulation est bien ralentie, quasi d’un facteur 2, et cela suffit à protéger cette personne même si son traitement n’est pas optimal.
Quand on est, comme vous, porteur d’une valve mécanique, le risque de faire des caillots est un peu plus élevé. Rester longtemps avec un INR un peu bas augmente le risque.


